Biloxi 48
Distribution

De Henry BAUCHAU

Avec  France BASTOEN, Cathy BOQUET, Ansou DIEDHIOU, Sébastien DUTRIEUX, Bernard GAHIDE, Maximilien HERRY, Patrick LERCH, Rosario MARMOL PEREZ
Mise en scène  Christine DELMOTTE
Adaptation  Christine DELMOTTE et Michel BERNARD
Scénographie  Christine DELMOTTE et Nathalie BORLEE

Costumes  Cathy PERAUX

Eclairages  Nathalie BORLEE

Musique  Rodolphe BAUCHAU

Accessoires  Delphine BREGER

Assistanat général  Catherine ANSAY

Assistanat à la mise en scène  Maria MESSINA

Dates de création
Du 14 novembre au 15 décembre 2001
Théâtre de la place des Martyrs
Dates de tournées
Du 17 au 26 janvier 2002
Théâtre de Namur
Du 17 au 26 janvier 2002
Théâtre Royal de Namur
Le 28 et 29 janvier 2002
Centre culturel de Mouscron
Le 02 février 2002
Binche
Antigone

Lumineuse, intrépide, féminine, l’Antigone d’Henry Bauchau s’inscrit avec force dans l’histoire de la réécriture du mythe.
Il fallait sans doute un roman pour incarner les passions de la jeune mendiante qui, après avoir suivi son père, le roi aveugle Œdipe, des années durant, prend contre toute prudence le chemin de Thèbes avec l’espoir d’empêcher la guerre entre les fils de Jocaste, ses deux frères tant aimés. Commence alors pour elle une suite d’épreuves, de doutes, de joies et de déchirements.
Traversée d’épisodes sublimes où resplendissent la beauté des chevaux, l’éclat des armes et la vaine gloire des combats, Antigone n’en est pas moins une œuvre d’écoute et d’attention à la souffrance, qui chante les regrets de l’amour, l’apaisement des blessures, l’ambivalence des désirs, les mystères de la filiation.

Une femme, Antigone, nous montre la voie d’un choix particulier, en dehors des structures familiales, sociales, économiques. Un choix parfois cruel mais où le destin féminin n’est plus exclusivement dans la maternité, le mariage et le confort matérialiste. Utopie ?
Ma fascination étonnée devant les sadhus hindous (renonçant) ou les bhikshus bouddhistes (moine mendiant) est du même ordre que celle pour Antigone.
Elle lance un appel au dépouillement, à une éthique de la pauvreté, de l’ascétisme, de la vérité.
Et nous tenterons de la suivre dans ce chemin désiré, dans ces sentiers intérieurs à haut risque.

La lecture du Therigatha m’a particulièrement intéressé pour ce travail. Le Therigatha est composé des poèmes de femmes bouddhistes du sixième siècle avant Jésus-Christ traitant de l’Eveil. C’est le premier recueil connu de poésie religieuse féminine.
Nanduttara venait d’une famille brahmane. Elle était devenue célèbre en parcourant l’Inde, une branche de pommier-rose à la main, mettant quiconque au défi d’un débat religieux.

 

“J’ai eu l’habitude de vénérer le feu,
la lune, le soleil,
et les dieux.
Je me suis baignée dans des bassins sauvages,
j’ai fait de nombreux voeux,
je me suis rasé la tête à moitié,
j’ai dormi sur la terre,
et ne mangeais pas quand il faisait nuit.

D’autre fois,
j’ai adoré le maquillage et les bijoux,
les bains et les parfums,
n’être qu’au service de mon corps,
obsédée par la sensualité.

Puis la confiance sereine est venue.
J’ai adopté la vie sans maison.
Quand j’ai vu mon corps tel que réellement il est,
mes désirs sensuels ont été extirpés.

Mon cycle des naissances a pris fin,
aussi bien que mes désirs.
Délivrée de tout ce qui entrave,
j’ai atteint la paix intérieure.”


Ces courts textes me racontent beaucoup sur le trajet d’Antigone. Et ils serviront, je le souhaite, à nourrir notre travail.

L’adaptation que nous avons écrite Michel Bernard et moi-même se veut au plus près du texte du roman : pas de réécriture à proprement parler mais une mise en valeur théâtrale de différents fragments du roman.
Le défi et le désir de ce projet sont de pouvoir transmettre la vie foisonnante dans laquelle on se plonge à la lecture du roman. C’est pour cela que l’adaptation écrite n’est qu’une première étape. Le but est de saisir sur le plateau les extraits les plus percutants et chercher les moyens théâtraux pour leur conserver cette virulence, cette vérité.
Le théâtre, c’est de la chair, du sang, des rapports entre des humains qui chaque jour évoluent.
Faire de chaque représentation une découverte de la métaphysique du texte : voilà la vraie richesse du théâtre.

“Il faut s’engager sur la route dans l’incertitude acceptée du monde et la certitude choisie de l’amour.” (M. Watthée-Delmotte)

Vivre cette expérience comme une aventure, une longue marche sur la route pour approcher cette humanité que nous fait toucher de l’âme Henry Bauchau.

 

Christine Delmotte, metteuse en scène

Production

Un spectacle de la Cie Biloxi 48 en coproduction avec le Théâtre de Namur/Centre Dramatique et le Théâtre de la Place des Martyrs.
Ministère de la Communauté française–service Théâtre, la participation du CAS et l’aide de la CoCof